Tonle Sap

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À l’horizon de l’Est, une espèce de moutonnement vert se prolonge sans fin, toujours semblable à lui-même : grands arbres, qui baignent jusqu’aux branches et dont les dômes seulement émergent encore. Ce n’est qu’un faux rivage, puisque sous la verdure le lac ne cesse de s’étendre à d’imprécises distances ; ce n’est que la limite des eaux plus profondes, où la végétation perdrait pied.

(...) La région que nous allons traverser n’est que pendant six mois par an transformée en lac ; bientôt les eaux se retireront, laissant reparaître la terre qui va hâtivement se couvrir d’herbages. Et les hommes reviendront bâtir des huttes pour la saison sèche, ramenant leurs troupeaux et suivis de l’inévitable cortège des tigres et des singes ; la vie pastorale reprendra pied ici, jusqu’aux pluies prochaines. Tous ces grands arbres, immergés jusqu’à la naissance des branches, simulent dans l’obscurité nos chênes ou nos hêtres ; on dirait un pays inondé de nos climats, s’il n’y avait cette chaleur lourde, ces excès de senteurs, ces excès de bruissements partout, cette pléthore de sève et de vie.

Pierre Loti
Un pèlerin d'Angkor