Prasat Preah Ko

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Dans la forêt d’ombre, quantité d’autres ruines s’indiquent, en amas disjoints et bouleversés, sous les belles ramures triomphantes : débris de palais, de temples, de piscines où se baignaient des hommes et des éléphants ; ils attestent encore la splendeur de cet empire des Khmers, qui brilla pendant mille cinq cents ans, ignoré de l’Europe, et puis s’éteignit après un brusque déclin, épuisé par tant de batailles contre le Siam, l’Annam, ou même la grande Chine immémoriale et stagnante.

Pour mes yeux d’Occidental, c’est surtout une impression d’incompréhensible et d’inconnu qui se dégage de ces choses mortes. La moindre sculpture, le moindre linteau sur un portique, le moindre de ces couronnements imitant des flammes, sont pour me causer une stupeur, comme la révélation d’un monde lointain et hostile. Des monstres, en pierre verdâtre, assis dans des poses de chien et coiffés à la mode sans doute de quelque planète sans communication avec la nôtre, m’accueillent avec des regards par trop étranges, avec des rictus jamais vus même dans les vieux sanctuaires chinois d’où j’arrive : « Nous ne te connaissons pas, me disent-ils. Nous sommes des conceptions à jamais inassimilables pour toi. Que viens-tu faire chez nous ? Va-t’en ! »

Pierre Loti
Un pèlerin d'Angkor